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Singularité tunisienne? Les limites d’une contagion régionale (ARI)
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Abdennour Benantar
ARI 15/2011 - 26/01/2011
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Thème: Le régime tunisien avait
mis en exergue le libéralisme économique pour occulter le libéralisme
politique, mais la révolte populaire a révélé l’échec de son entreprise.
Résumé:
Personne ne s’attendait à ce que Sidi Bouzid devienne en quelques jours
seulement la capitale arabe de la contestation populaire et
l’immolation un modus operandi d’une jeunesse désespérée. Il est encore
tôt pour cerner les implications du soulèvement tunisien, mais on peut
d’emblée dire que désormais rien n’est plus comme avant : une population
déterminée a eu raison d’un président autoritaire. C’est un précédent
historique dans une région où le changement se fait par le haut.
Analyse: La
présente contribution part de quatre hypothèses : 1) La "révolution
par le bas" a induit un changement brutal dans le régime – pour le
moment – et non un changement du régime ; 2) le départ négocié et
sécurisé de Ben Ali est le produit d’un double deal au sein du régime et
entre celui-ci, tout particulièrement les militaires, et les États-Unis
; 3) l’absence des islamistes a évité à la révolte une répression
féroce et lui a permis d’être saluée par l’Amérique ; 4) la contagion
demeure limitée pour des raisons locales, interarabes et
internationales.
On analysera d’abord la nature de ce soulèvement
et ses acteurs en s’arrêtant sur le rôle décisif des classes populaires
et de l’armée, ainsi que sur le rôle limité de la classe moyenne et de
l’opposition. On examinera ensuite la possibilité et les limites d’une
contagion régionale. Enfin, on analysera les obstacles majeurs à la
démocratisation en Tunisie, les grandes équations à résoudre et les
enseignements à tirer. Quatre conclusions sont à retenir : la révolte
n’a pas induit une réelle chute du régime faute de rupture avec l’élite
autoritaire ; ne disposant d’aucune direction, la révolte risque de ne
pas peser lourdement sur le processus politique post-Ben Ali ; des
ambiguïtés demeurent quant au rôle des militaires, à l’attitude des
États-Unis et aux deals concernant le départ de Ben Ali ; la contagion
régionale est limitée pour diverses raisons.
Changement par le bas Le
monde arabe est habitué au changement par le haut, suite à des putschs
ou à des pressions, voire interventions, extérieures. Le changement réel
y est rare et la tendance est à la présidence à vie et au pouvoir
héréditaire. Mais voilà que le jeune tunisien qui s’est immolé, en guise
de contestation, a déclenché une mobilisation populaire sans précédent
conduisant à un changement par le bas, une première dans la région.
C’est dans ce sens que les ennemis extérieurs immédiats (arabes) de la
Révolution du jasmin sont bien les partisans de la présidence à vie et
du pouvoir héréditaire qui sont aux antipodes de la réappropriation par
le peuple de son destin. Cette révolte a non seulement chassé Ben Ali du
pouvoir et du pays mais aussi déstabilisé les régimes arabes. Ces
derniers affirment respecter la volonté du peuple tunisien, alors qu’ils
ne respectent pas celle de leurs propres peuples !
Acteurs de la révolte Par
acteurs majeurs on entend les couches populaires et l’armée, et par
acteurs mineurs, on entend la classe moyenne et l’opposition qui sont
plutôt restées à la traîne pendant la phase initiale du mouvement ; mais
leur rôle est important dans la phase d’organisation aux côtés des
organisations professionnelles.
Ce sont bien des émeutes
populaires qui sont à l’origine de ce soulèvement. La classe moyenne ne
s’est pas réellement mobilisée, en tous cas pas au début du mouvement.
Or, le modèle tunisien devait correspondre au schéma suivant : la
constitution d’une classe moyenne devait conduire à terme à ce qu’elle
fasse part de ses revendications politiques, après avoir pu s’assurer un
certain niveau de vie aisé. Or, tel n’a pas été le cas. Le régime n’a
pas subi de pressions émanant de la classe moyenne et a continué sur sa
lancée autoritaire et dérivé avec sa transformation en régime
autoritaire-mafieux : des réseaux mafieux du capitalisme d’État ont pris
le dessus sur le politique. Le régime a ainsi compressé la classé
moyenne et écrasé la classe populaire. Et c’est cette dernière qui,
n’ayant rien à perdre contrairement à la classe moyenne, a provoqué en
moins d’un mois la chute de Ben Ali.
Mais ce soulèvement doit
être apprécié à sa juste valeur car l’autre facteur décisif qui a fait
basculer le pays est bien l’attitude de l’armée. En refusant de tirer
sur les manifestants, elle a pris une décision étrangère à la culture
politique arabe. C’est indéniablement un tournant historique dans la
région. Ce faisant, elle a provoqué une grande fissure dans l’appareil
répressif du régime de Ben Ali et mis à découvert les forces de sécurité
à son service. Au final, c’est tout l’appareil répressif qui s’est
paralysé. L’expérience des pays de l’Est a montré que dès que l’appareil
répressif des régimes autoritaires et dictatoriaux cesse de
fonctionner, c’est le régime qui s’écroule. Sauf qu’en Tunisie ce n’est
pas le régime qui s’est effondré mais c’est la tête de l’exécutif qui
est tombé. Le soulèvement s’est soldé, pour le moment, par une
continuité, autrement, du régime. Il n’a donc pas changé
fondamentalement le régime qui tente de composer avec la nouvelle donne
et essaye de récupérer la révolte. Les hommes de l’ancien-nouveau régime
conservent la quasi-totalité de leurs postes au sein du gouvernement
d’union nationale.
Par conséquent, l’un des deux obstacles à la
démocratisation en Tunisie est bien l’absence de rupture avec l’ancien
régime. Les élites autoritaires sont toujours aux commandes. La
composition du gouvernement d’union nationale reflète un changement dans
le régime et non un changement du régime. C’est une rupture avortée
avec l’élite autoritaire. Or, l’expérience de la transition démocratique
à l’Est a montré que les pays n’ayant pas réussi la rupture avec
l’élite autoritaire ne parviennent pas à se démocratiser.
Il y a
eu, semble-t-il, un découplage, un divorce entre des composantes
essentielles de l’appareil répressif et la tête de l’exécutif. La
question est de savoir pourquoi et comment l’armée tunisienne a-t-elle
fait ce choix ? Il est possible que le départ sécurisé de Ben Ali soit
destiné à sauver le régime. Mais la précipitation des événements et la
destination de l’asile négocié en plein ciel laisse un peu perplexe
quant à ce deal. Toutefois, le fait que l’armée ne l’ait pas arrêté,
mais qu’elle ait au contraire assuré un départ en sécurité, ressemble
bel et bien à un deal (quitter le pouvoir contre un départ sécurisé). Il
est aussi possible que l’on ait voulu éviter à Ben Ali la vindicte
populaire en le mettant devant le fait accompli issu du soulèvement et
se débarrasser d’un président devenu encombrant. Enfin, il est possible
aussi que son départ négocié soit le produit d’un double deal, au sein
du régime et entre les militaires et les États-Unis, en l’absence de la
France attachée à tout prix au statu quo et ne croyant pas à la chute
imminente du président. Il est, en outre, possible que l’armée ait voulu
se débarrasser de celui-ci mais qu’elle n’ait pu agir car la culture
des putschs musclés est étrangère au pays. Elle attendait donc le moment
propice pour agir sans être accusée de putschiste tout en ayant le
consentement américain…
Quant à l’opposition, elle est restée
plutôt hésitante comme si elle ne voulait pas et/ou ne pouvait pas se
lancer dans un avenir incertain par crainte de représailles féroces.
Elle a donc laissé le peuple seul face à son destin. Plus le régime se
montre conciliant vis-à-vis des manifestants, plus l’opposition hausse
le ton à son égard : sa montée en puissance sur la scène médiatique se
faisait parallèlement à des concessions progressives du régime. En
somme, ce n’est pas la généralisation de la révolte qui a boosté
l’opposition mais surtout la dégringolade vertigineuse du pouvoir de Ben
Ali. Ce sont les couches populaires qui ont donc payé de leur sang pour
faire aboutir cette « révolution » loin des implications et
contributions partisanes. Cela a permis au soulèvement de préserver son
indépendance vis-à-vis de toutes les tendances politiques et d’ouvrir la
voie à l’opposition et aux organisations de la société civile de
s’occuper de l’organisation dans la seconde phase (après la fuite du
président déchu). Mais cela l’a privé aussi de réels représentants. Et
c’est à ce niveau que se situe la principale faille de ce soulèvement
sans direction. Le fait de ne pas disposer de représentants légitimes
pour négocier au nom du peuple révolté peut priver ce dernier de sa
récolte politique. Le pouvoir risque d’être à nouveau confisqué et le
changement amorcé dans la continuité et non en rupture par rapport au
passé autoritaire. En définitive, le plus difficile n’est pas de se
soulever, mais de maîtriser le processus politique dans la Tunisie
post-Ben Ali.
Contagion ? Cet
événement inspire les peuples arabes et la contagion guette des États
en situation précaire (Égypte, Algérie, Jordanie, Yémen…). Les régimes
mettent en avant les « spécificités » locales. Certes, les situations
sociopolitiques se différencient mais les ressemblances sont nettement
plus importantes que les dissemblances. On peut même dire que les
régimes ont réussi une unité arabe en matière de verrouillage politique,
d’injustice sociale et de corruption. Toutefois, la présence des mêmes
ingrédients ne suffit pas, il faut des éléments déclencheurs que l’on ne
maîtrise pas, car ils relèvent souvent de la spontanéité du mouvement
et de son ampleur, d’une part, et de la réaction de certains acteurs
locaux et extérieurs, d’autre part. La principale question n’est pas de
savoir si le modèle tunisien – pour le coup on peut parler de modèle –
va se reproduire dans d’autres pays arabes, mais de savoir si l’armée
dans ces pays va avoir la même attitude que l’armée tunisienne. Pour le
moment, le débordement (spillover) est contenu. La contagion qu’a connue
l’Algérie, par exemple, a été très limitée dans l’ampleur et dans la
durée. Les cas d’immolation ayant eu lieu en Algérie, en Mauritanie, en
Égypte et au Yémen n’ont pas été suivis de mobilisation populaire. La
transposition du modèle tunisien n’est donc pas si évidente que cela.
Toutefois, si la révolte s’inscrit dans la durée et parvient à mettre
fin au régime du président déchu, la contagion sera alors beaucoup plus
pressante dans d’autres États.
En outre, il faut s’interroger sur
l’attitude des États-Unis, d’une part, et l’absence du spectre
islamiste, d’autre part. La position des États-Unis en saluant les
manifestants, une fois n’est pas coutume, peut s’expliquer par trois
considérations. D’abord, pour eux la Tunisie n’est pas un État clé dans
la région, contrairement à l’Arabie Saoudite ou à l’Égypte. On les
imagine mal adopter la même attitude vis-à-vis de manifestations
similaires dans ces deux pays. Ensuite, l’indépendance du soulèvement
des courants politiques a été un élément rassurant pour l’Amérique.
Enfin, le soulèvement n’a pas été récupéré par les islamistes comme
c’est le cas en général lors des émeutes dans le monde arabe. Tout cela
explique pourquoi les États-Unis ont, plus ou moins tardivement, rompu
avec une règle d’or qu’observent les puissances occidentales et qui
consiste à ne jamais soutenir la revendication démocratique dans les
pays dont les régimes leur sont favorables. Il suffit de comparer leurs
réactions aux événements qu’a connus l’Iran et au soulèvement tunisien
pour s’en rendre compte. Certes, la démocratie ne peut être imposée de
l’extérieur, mais elle peut être entravée par l’extérieur. C’est le cas
dans le monde arabe où les puissances occidentales se sont avérées de
véritables entraves à la démocratisation.
Pour ce qui est de
l’absence islamiste, elle peut s’expliquer par une certaine modernité de
la société tunisienne, par la faible capacité mobilisatrice des
islamistes en raison de la répression et enfin par une éventuelle
stratégie des islamistes consistant à ne pas se mettre sur le devant de
la scène pour éviter que le régime ne légitime la répression de la
révolte. C’est dans ce sens que toute émeute dans le monde arabe qui
prendrait une coloration islamiste sera réprimée par les régimes avec le
soutien occidental. Et à partir du moment où l’influence islamiste
demeure assez forte dans de nombreux pays, il est peu probable que le
scénario tunisien se reproduise aisément ailleurs. En outre, le fait que
les manifestants n’aient pas été soutenus par des pays étrangers a
aussi donné une crédibilité et une indépendance indéniables au
mouvement. Les gardiens de l’ordre établi ne pouvaient l’accuser d’être
manipulé par l’étranger. Ni l’accusation de la main étrangère (complot),
ni celle du terrorisme n’ont permis de discréditer la révolte et de
légitimer sa répression.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer la
capacité des régimes arabes à survivre au changement et à se renouveler
de l’intérieur sans changer ni de cap, ni de nature. Ils ont appris à
osciller d’une forme d’autoritarisme à une autre au gré des événements.
Mais la prudence est de rigueur. Si le régime de Ben Ali, réputé parmi
les plus solides de la région – car parmi les plus autoritaires – a
connu un tel sort, le scénario peut se répéter ailleurs. Les régimes
arabes se protègent déjà et sont sur la défensive : baisse des prix des
produits de première nécessité, amélioration du pouvoir d’achat de
certaines catégories de populations, commande aux forces de l’ordre
d’éviter l’affrontement avec d’éventuels manifestants. Toutefois, ces
mesures gèrent l’urgence, c’est donc une technique d’adaptation destinée
à désamorcer la situation pour couper court au risque de contagion sans
s’attaquer aux sources des problèmes. La capacité des régimes à
esquiver le vent du changement et à vider de leur sens les
revendications sociopolitiques demeure grande.
De ce qui précède
on peut identifier l’autre obstacle à la démocratisation en Tunisie, à
savoir le refus des États arabes que l’un d’eux se démocratise car cela
signifie une source d’instabilité pour eux. Par crainte d’effets
dominos, compte tenu des fortes interpénétrations interarabes, les
régimes en place ne tolèreront pas une réelle démocratie en Tunisie.
Sous prétexte de retour au calme et à la stabilité, ils vont faire en
sorte que le mouvement ne donne pas lieu à une réelle démocratie dans le
pays mais plutôt à une ouverture politique à la fois suffisante, pour
calmer la ferveur populaire, et limitée, pour ne pas menacer la survie
des régimes. D’ailleurs, certains États arabes affirment vouloir
respecter la volonté du peuple tunisien, mais aucun n’a critiqué la «
confiscation » par les élites autoritaires de l’ancien régime du
pouvoir.
Quelques enseignements
1. Le changement par le
bas, par un soulèvement populaire, est non seulement possible mais
efficace. En l’absence de transition politique par le haut, le peuple
finira par se révolter. Une révolte qui peut conduire à l’anarchie voire
à la guerre civile, si elle est conduite ou récupérée par des
mouvements radicaux. Les régimes qui maintiennent manu militari le
contrôle sur l’État et la société finissent par tout perdre.
2.
La fin d’une croyance largement répandue qui consiste à dire que les
peuples arabes ne se soulèvent pas et que les « révolutions de velours »
ne sont pas possibles dans le monde arabe.
3. Le soulèvement
tunisien a été populaire, spontané, massif et sans guidage politique. Il
est sans héros, grandes figures révoltées ou représentants avec
lesquels les « autorités » peuvent négocier. Le héros de la « Révolution
du jasmin » est bien mort : Mohamed Bouazizi, celui qui l’a déclenchée
par son geste d’immolation. Or, les révolutions donnent généralement
lieu à l’émergence de figures emblématiques et médiatiques. C’est, là
encore, une spécificité de ce soulèvement due à sa nature non partisane
et à son canal médiatique, internet, qui n’a pas besoin de personnifier
l’information pour la diffuser, contrairement aux médias classiques qui
cherchent des interlocuteurs incarnant la « révolution ». Sur les
réseaux sociaux, l’information est produite par tout le monde et à
l’attention de tout le monde.
4. Le modèle de la république
héréditaire a subi un revers. Le pouvoir héréditaire qui s’installe dans
la région risque d’être submergé par celui de la révolte populaire, ce
qui fera au moins reporter les projets de présidence à vie et de
successions familiales dans le monde arabe.
5. Les questions
économiques ne peuvent en aucun cas servir de prétexte au report sine
die de la démocratie. Le lien entre développement économique et
développement démocratique est plus que jamais indissociable.
6.
L’ère des réseaux sociaux sur le Net a pulvérisé le système de
verrouillage médiatique dans les États autoritaires. Le régime tunisien
qui a toujours contrôlé l’information et internet doit, en partie, sa
chute au Net, à la génération des réseaux sociaux, véritables relais
médiatiques d’un soulèvement populaire. Les images des manifestations
arrivent aux quatre coins de la planète grâce aux manifestants
internautes.
Conclusion Pour éviter l’embrasement social et des processus de révoltes incontrôlables, deux équations au moins sont à résoudre.
Admettre
que le découplage libéralisme économique/libéralisme politique n’est
pas tenable car le second est le garde-fou du premier : en l’absence de
tout contrôle démocratique, le régime devient autoritaire et mafieux et
le seul mécanisme de réajustement de la trajectoire politique est alors
la révolte. Ce n’est pas en injectant de l’argent dans le développement
social que l’on se mettra à l’abri de soulèvements. L’ouverture du champ
politique va de pair avec la répartition équitable des richesses et des
dividendes de la croissance. Le régime tunisien avait mis en exergue le
libéralisme économique pour occulter le libéralisme politique, mais la
révolte populaire a révélé l’échec de son entreprise. L’homme ne vit pas
seulement de pain, il se nourrit également de culture, de liberté. Le
bien-être est aussi une affaire de dignité et de liberté. Entre deux
pays à niveau de développement égal, on choisira le pays où il y a plus
de libertés. C’est à ce niveau que la problématique migratoire
continuera à se poser même dans un contexte de croissance soutenue. On
constate d’ailleurs que parmi les candidats à la migration clandestine
il y a davantage de personnes issues de milieux aisés.
En finir
avec l’option euro-américaine préférant la stabilité précaire, assurée
par des régimes autoritaires, à (l’instabilité redoutée d’) un processus
démocratique qu’elle ne contrôle pas. Au final, les puissances
euro-atlantistes n’ont eu ni la stabilité, ni la démocratie. En outre,
si la démocratie ne peut être imposée par des acteurs extérieurs, elle
peut en revanche être – et elle l’est – entravée par ces acteurs
nonobstant leur discours éthique.
Abdennour Benantar Université Paris 8 (France)
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© Fundación Real Instituto Elcano, Madrid, 2002-2013
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