Skip to main content

Last Update
14/05/2013
Total visits
Elcano Royal Institute
22 May 2013
 
 
 Elcano Royal Institute Real Instituto Elcano Site Map
Elcano Blog
Spain Brand Monitor
AREAS flechaabajo
Spanish Foreign Policy
Europe
Latin America
Mediterranean   & Arab World
Asia-Pacific
U.S. - Transatlantic Dialogue
Sub-Saharan Africa
International Economics
International Cooperation & Development
Energy
Security & Defence
International Terrorism
Spain's International Image & Public Opinion
Spanish Language & Culture
Demography & International Migrations
Home> Printable Version | Imprimir-Print
Visited
Dans l’intérêt de l’Espagne: une politique extérieure engagée
José Luis Rodríguez Zapatero
(Traduit de l'espagnol) - 2/07/2008
Cher Kofi Annan, mesdames et messieurs les ambassadeurs, mesdames, messieurs,

Je voudrais, tout d’abord remercier l’Institut Elcano, le CIDOB, le FRIDE, l’ICEI, l’INCIPE qui m’ont invité a venir exposer les lignes fortes de la politique extérieure de mon Gouvernement. Et, aussi, remercier tout spécialement Kofi Annan pour la présentation qu’il a fait, bien sûr, mais surtout pour sa présence parmi nous, évidemment chargée de sens. Son action à la tête des Nations Unies, la fermeté de ses convictions éthiques et sa défense du droit ont été et sont toujours, pour nous, un source d’inspiration constante.

Mesdames et messieurs,

Je crois en une politique extérieure engagée, engagée pour défendre les valeurs auxquelles croient la majorité de la société espagnole; engagée partout où notre présence peut être significative. J’ai la conviction qu’une politique extérieure ainsi conçue est la mieux à même de défendre les intérêts de notre pays: les intérêts d’une puissance moyenne qui occupe une place stratégique particulière dans notre monde multipolaire; les intérêts d’une nation appelée à tenir un rôle croissant au sein de la Communauté internationale si elle sait faire valoir, avec sa capacité de dialogue et de persuasion, sa condition de pont entre les régions, entre les cultures et entre pays riches et pays pauvres. Je crois en la politique extérieure d’un Gouvernement progressiste, pensée et pratiquée comme une politique d’Etat, c’est à dire comme une politique au service de l’ensemble de la société espagnole et non pas seulement pour elle, mais conçue et mise en oeuvre avec elle, avec tous les acteurs, tant publics que privés.

Je crois en une politique extérieure qui puise ses racines dans la politique développée depuis la Transition démocratique, avec cette continuité qui nous renforce en tant que pays et qui reflète la volonté majoritaire des dernières générations d’Espagnols.
Je crois, donc, en une politique naturellement et profondément européenne, une conception historique de grande envergure pour nous, qui nous fait nous sentir à l’aise et efficaces lorsque nous savons pousser l’Union dans la bonne direction; en une politique extérieure naturellement latino-américaine contribuant à la consolidation de la démocratie, au progrès et à l’institutionnalisation de la Communauté des pays latino-américains; en une politique extérieure intelligente et respectueuse de nos voisins, en particulier du Maroc, dépassant le cadre régional jusqu’à intégrer nos rapports avec les Etats-Unis et renforçant tout ce qui nous unit, c’est à dire, beaucoup de choses, car c’est bien cela qui est le plus important pour la reconnaissance amicale et sincère entre nos deux pays.

Voilà donc les vecteurs classiques de la politique extérieure de l’Espagne démocratique que je veux entretenir et renforcer. Mais, en même temps, les changements que nous observons nous amènent à développer d’autres lignes d’action extérieure déjà ouvertes lors de la précédente législature.

Les temps nouveaux nous obligent à insister sur les valeurs que nous défendons et à réfléchir aux lieux où nous voulons les défendre.

Ainsi, je crois qu’il est bon que nous exercions plus encore notre responsabilité en Méditerranée, que nous poursuivions notre ouverture vers l’Afrique et l’Asie, que nous nous engagions davantage auprès des organisations et dans les initiatives qui contribuent à rationaliser la gouvernance internationale. Je pense tout particulièrement aux Nations Unies et à ses actions.

Je crois en une politique extérieure reflétant clairement les défis que les Espagnols se sont donnés. Je veux que nous ayons, à l’intérieur comme à l’extérieur, le même regard tourné vers l’avenir, la même conscience d’être un pays qui, après trente ans d’un parcours démocratique éminemment réussi, a réussi à se placer, tout naturellement, parmi les nations les plus développées d’Europe et du monde. Et aujourd’hui, nous pouvons nous fixer de nouveaux objectifs.

Je crois en une politique extérieure où le nom de l’Espagne serait synonyme de justice, d’humanité et de solidarité partout dans le monde.

Je crois, donc, fondamentalement, en une politique extérieure qui soit une priorité pour tout le Gouvernement, et qui soit constamment soutenue par le Président du Gouvernement.

Aussi, je me propose, au cours de prochaines années, de continuer d’assumer la responsabilité de montrer la route et de donner corps à notre politique extérieure, au cours d’une législature où les difficultés économiques réclameront une attention toute particulière mais qui sera, au plan extérieur, plus facile que la précédente. J’y crois vraiment et j’ai, ici, aujourd’hui, une bonne occasion de m’expliquer.

Mon intervention aura trois parties. Tout d’abord, je signalerai ce que je considère comme les défis les plus importants en matière de gouvernance internationale, qui obligent l’Espagne à mener une politique extérieure engagée.

Ensuite, j’aborderai un grand défi qui, justement parce qu’il est spécifique, mérite qu’on le traite à part: je veux parler de la nécessité, pour notre action extérieure, de contribuer efficacement à notre croissance économique et à une meilleure gouvernance de la globalisation, à partir du constat simple de l’importance des investissements espagnols dans le monde.

Enfin, je passerai en revue les théâtres de la politique extérieure de l’Espagne.
Tout d’abord, donc, les grands défis actuels de la gouvernance internationale. A mon sens, il y en a quatre, par ordre de priorité: la lutte contre la pauvreté, contre la misère extrême dans le monde; la promotion de la paix face à l’insécurité et au terrorisme; la bonne gestion de migrations; enfin, le changement climatique et l’énergie.

Lutte contre la pauvreté

La lutte contre la pauvreté, contre la faim, la misère extrême et la maladie, qui frappent tant de millions de personnes dans le monde, a cessé d’être une préoccupation relativement secondaire des grands acteurs internationaux pour devenir une question primordiale pour le monde entier. Ce qui n’était qu’un vague souci dans la conscience internationale est aujourd’hui un impératif éthique, avec toutes les conséquences qui en découlent. Auparavant, cela donnait lieu à des conflits locaux. Aujourd’hui, nous voyons que c’est un facteur structurel d’instabilité.

Tout d’abord, disons que l’Espagne se sent pleinement concernée par ce changement de paradigme moral et politique de la lutte contre la pauvreté et qu’elle l’assume intégralement, pleinement. Nous sommes face à un défi formidable de solidarité entre les peuples; un défi formidable lancé à la conscience de notre propre dignité en tant qu’êtres humains; un défi qui à notre protée; un défi qui est à la base même de l’objectif de tout pays développé: l’objectif de consacrer 0,7% du PIB à l’aide au développement; un objectif que s’est donné l’Espagne; un objectif assumé par mon Gouvernement, un objectif qui appartient à notre société, solidaire et responsable; un objectif que nous atteindrons, comme nous avons atteint celui de doubler en quatre ans notre aide au développement, jusqu’à atteindre 0,5%de notre PIB.

Atteindre les Objectifs du Millénaire est et restera l’un des axes de l’action de mon Gouvernement. Nous y consacrerons, à partir de 2009, 50% de notre aide au développement.

Il y a deux semaines, au sein de l’a Conférence organisée par la FAO à Rome, je me suis engagé, au nom de l’Espagne, à accueillir, à l’automne, une Conférence de Haut Niveau sur la crise alimentaire qui fera suite à celle de Rome et qui aboutisse à des engagements concrets, plus d’engagements concrets, comme ceux assumés par l’Espagne, pour affronter cet énorme défi.

Même dans les circonstances actuelles, il ne peut y avoir d’autre horizon pour les pays développés que l’augmentation des dépenses de coopération et une coordination efficace des efforts.

Construction de la paix

Le deuxième défi que l’Espagne assume pleinement, c’est celui de la construction de la paix.

Le monde a besoin d’être mieux gouverné et de se concerter davantage pour construire une paix durable et juste. Préserver les générations à venir contre le fléau de la guerre était l’un des mandats des nations Unies. Mais ce ne sont souvent pas des armées régulières qui s’affrontent sur les champs de bataille. Ce sont plutôt des forces à mi chemin entre la guérilla, le terrorisme et le crime organisé. Les conflits frappe, aujourd’hui, fondamentalement les populations civiles: dans les conflits, 9 morts sur 10 sont des civils.

Il faut de nouveaux moyens face aux nouveaux conflits et à leurs causes. Les nouvelles règles de gouvernance dont nous avons besoin pour promouvoir efficacement la paix exigent une vision globale de la sécurité humaine; elles exigent des démocraties fortes, des Etats engagés dans la défense des droits de l’homme et une communauté internationale vigilante, active auprès des Etats faibles qui sont à peine capables de contrôler leur propre territoire.

Nous l’avons vu en Somalie et dans d’autres régions d’Afrique. C’est pour cela que nous sommes en Bosnie-Herzégovine, en Afghanistan et au Liban où hier encore, nos soldats ont payé un fort tribut. C’est pourquoi nous y resterons: pour nos partenaires, pour la paix et la sécurité, pour nous-mêmes.

Lorsque, à l’origine d’un conflit, il y a un excès de haine, les instruments existants sont insuffisants. Il faut de nouvelles réponses, telles que l’initiative de l’Alliance des civilisations, bien accueillie par les Nations Unies et par l’Union Européenne y qui a, récemment, reçu l’appui du Secrétaire Général de l’Otan et celui des pays du Conseil de Coopération du Golfe. Au cours de cette législature, nous nous efforcerons particulièrement de consolider la tâche accomplie par son Haut représentant, Jorge Sampaio, et de susciter les Plans nationaux qu’une dizaine de pays ont déjà élaborés pour introduire dans l’action gouvernementale et dans la législation des mesures destinées à encourager l’entente et le dialogue, et à prévenir l’intolérance.

Je ne citerai qu’un exemple, celui des Balkans, l’une des zones les plus touchées par les nouveaux conflits. Avec les Premiers Ministres Erdogan, Tadic et Karamanlis, nous travaillerons dans cette direction, parce que les Plans nationaux de l’Alliance des civilisations de la Turquie, de la Serbie, de la Grèce et de l’Espagne, conjointement avec ceux que sont en train d’élaborer d’autres pays comme la Roumanie, la Bulgarie et l’Albanie, peuvent être un bon instrument de diplomatie constructive et préventive.

Nous ne vaincrons pas le terrorisme international, qui nous frappe avec tant de violence, comme le 11 mars 2004 à Madrid, en l’abordant comme une guerre. Il faut faire preuve de conviction et de fermeté internes mais également, sans aucun doute, de coordination internationale. La contribution de l’Espagne peut être très utile car nous sommes l’un des pays les plus efficaces dans cette lutte et nous le sommes de la seule façon possible: dans le respect de l’Etat de droit et de la légalité internationale.
Dans l’architecture globale de sécurité, les organisations régionales doivent continuer de jouer un rôle important et, à mon sens, l’OTAN continue d’être, près de 60 ans après sa création, une alliance nécessaire et utile, car elle repose sur des valeurs solides, que nous partageons.

Gestion ordonnée des migrations

Gestion des migrations. Aujourd’hui encore, près de deux millions de nos compatriotes vivent hors de nos frontières. Parmi tous les publics auxquels j’ai eu l’occasion d’expliquer notre politique en matière de migrations, ils sont ceux qui montrent le plus nettement leur appui à une vision de l’Espagne en tant que pays disposé à recevoir tous ceux à qui, dans le respect de nos lois, nous pouvons offrir du travail et des conditions de vie dignes.

Le phénomène des migrations exige un gros effort de dialogue, de coopération et de gouvernance concertée. A mon sens, il n’y a pas encore assez de cadres pour un travail conjoint au sein de la Communauté internationale. Pour l’instant, juste un début de mise en commun des politiques et la tentative de construction d’une politique européenne commune, entamée en 2005. On oublie trop souvent que, lorsque nous avons mis en marche le processus de régularisation, ce cadre européen n’existait pas et que l’Espagne en a été le principal acteur.

En Europe et aux Nations Unies, l’Espagne ne ménage pas ses efforts et défend des lignes d’actions qui sont déjà bien installées chez nous: en premier lieu, pour garantir la coopération avec les pays d’origine et les pays de transit, dans une approche globale du problème, ce qui constitue la première marche pour une bonne gestion des flux migratoires; deuxièmement, pour susciter la lutte contre les mafias de l’émigration clandestine, la principale menace non seulement pour les émigrants mais aussi pour les pays où elles opèrent; troisièmement, pour garantir la protection des frontières nationales face à l’immigration illégale et les possibilités d’expulsion et de rapatriement; enfin, pour établir des systèmes efficaces de protection des personnes qui se déplacent et des réfugiés, en favorisant leur intégration.

A partir de ces prémices, je me propose de convoquer, après ce qui sera ma première tournée africaine de cette législature, avec le Président Wade, du Sénégal, et la Communauté de l’Afrique Occidentale, une Réunion régionale de haut niveau pour aborder le cadre économique, l’agriculture, les infrastructures, les flux migratoires, le développement et le renforcement des institutions, l’intégration régionale et l’énergie.

Le changement climatique et l’énergie

Mesdames et messieurs,

Le changement climatique peut être très coûteux pour l’économie mondiale. D’après le rapport Stern, il pourrait représenter de 5 à 20 du PIB, mais en termes de vies humaines, il est infiniment plus grave. Le défi consiste à en faire l’occasion d’un changement, d’une transformation vers un modèle de croissance économique et sociale durable en matière d’environnement, de santé et de bien être social. Pour moi, donc, la priorité essentielle pour l’Espagne, c’est le respect des engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto, en pariant sur les énergies renouvelables et les économies découlant d’une meilleure efficience énergétique.

Les pays avancés doivent aider les pays en voie de développement dans leur processus d’adaptation aux risques dérivés du changement climatique. L’Espagne augmentera le pourcentage de sa coopération pour mitiger les effets de ce changement et pour l’adaptation à ce changement des pays les plus vulnérables.

De même, l’Espagne encouragera la création d’une Agence Internationale des Energies Renouvelables. Le 30 juin, je serai au Danemark, un pays qui est en avance dans ce domaine, et j’ai convenu avec le Premier Ministre Rasmussen que ce voyage sera centré sur cette initiative, sur les énergies renouvelables, en montrant l’engagement conjoint de nos deux pays. Je me propose donc de placer l’Espagne en tête en matière d’énergies renouvelables.

Comme vous le savez, la globalisation incontrôlée, l’instabilité eu Proche Orient et la spéculation produisent de graves distorsions dans le domaine de l’énergie, qui exigent de prendre des mesures de sécurité énergétique, non seulement pour garantir l’approvisionnement, mais aussi pour garantir un approvisionnement à des prix raisonnables.

Je viens de rencontrer, cet après-midi, le Ministre des Affaire Etrangères de l’Arabie Saoudite, le premier producteur de brut du monde, comme j’avais rencontré la semaine dernière la Président du Mexique, un autre gros producteur. Et j’ai également abordé la question avec le Président Sarkozy, avec lequel nous sommes convenus de nous concerter et de conjuguer nos efforts au sein de l’Union Européenne.

Il est temps de travailler à une politique extérieure sensée pour réduire les risques géopolitiques. C’est pourquoi je répète que la crise avec l’Iran doit être résolue avec fermeté, certes, mais par le dialogue. De même, nous continuerons de dialoguer avec les grands producteurs latino-américains pour faire en sorte que l’énergie soit un facteur d’intégration.

De la même manière, nous renforcerons notre propre production d’énergie en pariant résolument sur les énergies renouvelables et l’interconnexion avec nos voisins. Et nous diversifierons nos approvisionnements. Pour ce faire, nous avons bien avancé dans nos négociations avec l’Algérie, la Libye, le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Bolivie, ces dernières semaines.

L’économie

La politique extérieure, c’est aussi l’économie. Et cela sera de plus en plus le cas.
L’économie internationale a connu une époque de bonne croissance, mais pendant cette période, de gros déséquilibres se sont également accumulés à l’échelle mondiale. L’abondance de liquidités a suscité le développement de marchés et de produits financiers de plus en plus sophistiqués, de risques insupportables, d’espoirs de bénéfices exagérés et la création de dangereuses "bulles" financières. Et les prix du pétrole, des autres matières premières et de certains aliments augmentent de façon spectaculaire. La conséquence, c’est moins de croissance, plus d’inflation, plus d’inégalités, et surtout, plus grave encore, des centaines de millions de personnes en plus qui vont connaître la faim et la malnutrition dans le monde.

Nous assistons à la première fracture économique de la globalisation et peu nombreux sont ceux qui doutent désormais que le système financier international a besoin de sérieux ajustements.

Face au protectionnisme égoïste, nous sommes partisans des échanges sur un pied d’égalité. Au lieu de barrières, nous voulons des ponts. Face à ceux qui croient aux coupes sombres en matière sociale, nous voulons et nous pouvons adapter l’Etat aux nouvelles circonstances, mais sans renoncer à nos objectifs. Face à la déréglementation, nous voulons des règles claires et efficaces pour que le marché développe tout son potentiel sans renoncer aux principes de transparence, d’équité et de justice.

Mais aucun pays, aussi grand soit il, ne peut affronter ces défis tout seul. Pour gouverner la globalisation, il faut construire du consensus, définir des stratégies et préparer les instruments à l’échelle mondiale.

Au sein de l’Union européenne, nous voulons conduire des initiatives pour renforcer et adapter, quand il le faudra, le cadre actuel des institutions multilatérales pour les mettre au service de ces objectifs. Contribuer à gouverner la globalisation avec notre politique extérieure mais, aussi, soutenir avec elle nos entreprises, car l’Espagne est désormais le 3° investisseur mondial, le troisième !, juste derrière les Etats-Unis et la France; parce que notre croissance économique se joue de plus en plus à l’extérieur et parce que, si nous traversons des difficultés économiques, il faut profiter de toutes les opportunités, surtout à l’extérieur.

Les entreprises espagnoles ont acquis une solidité telle dans certains secteurs que nous n’aurions pas pu l’imaginer il y a quelques années encore. Elles sont leaders en énergies renouvelables, en désalinisation, en télécommunications, dans le secteur financier, en tourisme, dans les concessions de transports, et nous voulons renforcer cette position. Il y a encore de la marge pour améliorer la capacité d’exportation de nos entreprises y je m’engage à introduire des mesures pour l’augmenter, pour ouvrir de nouveaux marchés, pour consolider leur internationalisation, pour construire le plus ambitieux des réseaux d’accords de protection des investissements de toute notre histoire et susciter une plus grande sécurité juridique.

Nous travaillons aussi pour attirer les investissements directs en Espagne, y compris les fonds souverains, par le dialogue avec les investisseurs et dans la transparence, et pour diffuser une image attractive et solide de notre économie.

Je vous souligner, en outre, l’importance de la Responsabilité Sociale Corporative. La prie de conscience dans les entreprises en matière d’environnement, d’égalité des genres, de respect des droits de l’homme et de la solidarité avec les pays en voie de développement, pour configurer un nouveau modèle d’éthique d’entreprise coïncide pleinement avec les principes politiques qui animent le Gouvernement et qui sont présentes dans la société espagnole.

Zones géographiques

Lorsqu’il s’agit d’aborder nos intérêts extérieurs par zones géographiques, il est indispensable, et plus encore après le résultat du référendum irlandais, le Ministre des Affaires étrangères l’a d’ailleurs abordé cet après-midi avec ses collègues, il est indispensable de commencer par l’Europe.
  • L’Europe
L’Europe et l’Europe

Le résultat du référendum irlandais n’est pas une bonne nouvelle, mais l’Espagne l’aborde avec des idées claires.

Les Irlandais se sont prononcés au cours d’un exercice pleinement démocratique, que nous respectons, c’est certain. Mais, en marge de considérations juridiques sur les conséquences du rejet du traité de Lisbonne, les Irlandais doivent comprendre que leur "non" à un accord qui avait été obtenu après des négociations dures et complexes ne peut être un coup de frein aux aspirations de l’immense majorité des Etats membres, qui veulent avancer vers davantage d’intégration, pour mieux faire face aux problèmes du XXI° siècle.

Je veux donc commencer para affirmer ma volonté et mon souhait de continuer d’avancer, avec détermination, dans l’intégration européenne Cela veut dire être conscients de ce que nous respectons l’opinion majoritaire des Irlandais, mais cela veut également dire qu’on doit aussi respecter la volonté majoritaire d’Européens d’avoir plus d’Europe.

La nouvelle, aujourd’hui, ce n’est pas tant que le référendum ait été perdu en Irlande; la nouvelle, c’est que, à part l’Irlande, l’immense majorité des Etats l’ont appuyé et ils nous ont donné mandat pour poursuivre, car ils comprennent qu’il faut plus d’Europe.
C’est le monde qui a besoin d’une Europe plus forte et il faut le dire clairement: cette Europe forte, cette Europe capable de prendre des décisions avec efficacité et de peser dans la balance et d’être importante dans le monde, doit être une Europe plus intégrée, où l’on renonce au droit de veto et où l’on admette que des institutions ne fonctionneront pas sur la base de la représentation nationale mais sur la représentation communautaire pour prendre des décisions importantes.

Il est évident que la situation créée nous oblige à réfléchir également. Les citoyens veulent que nous débattions de leurs problèmes, ils attendent de l’Europe qu’elle apporte des solutions et, pour de nombreux citoyens, ce débat sur les institutions qui dure depuis plus de dix ans, semble bien lointain et, parfois, incompréhensible. Ils attendent que, lors du Conseil de cette semaine, nous parlions du "non" irlandais mais surtout que nous nous occupions de leur légitime inquiétude à propos du prix de aliments et des carburants, ou des problèmes énergétiques. Je crois que la Présidence française essaiera aussi d’empêcher que les questions institutionnelles ne dominent le prochain semestre et le président Sarkozy peut compter sur mon soutien pour cela.

Nous ne sommes pas devant une paralysie de l’Union. Je suis en contact très étroit avec mes homologues des autres Etats membres et nous parlerons en détail lors du Conseil de jeudi prochain.

Il est possible et nécessaire d’aller de l’avant ensemble. Je crois que c’est le mieux, pour tout le monde. C’est pourquoi il me semble prématuré de lancer un débat sur d’éventuelles exceptions, sur les différentes vitesses ou les différents  statuts au sein de l’Union et, même, sur les coopérations renforcées; mais il ne faudra pas oublier pour autant que, lorsque les politiques européennes marchent bien, les citoyens comprennent mieux le sens de l’Europe. Et en ce moment, nous avons besoin de politiques européennes sur de grandes questions, telles que la lutte contre la pauvreté, le changement climatique, l’énergie ou l’immigration, qui exigent plus de gouvernance internationale, au sein de l’Europe et au-delà. Et l’Espagne sera toujours disposée à avancer dans les grandes politiques européennes.

En ce qui concerne la politique européenne de l’énergie, l’Espagne continuera de travailler au développement d’un marché européen plus transparent et plus efficace, apportant sécurité de l’approvisionnement et durabilité. Concrètement, pour l’Espagne, les interconnexions et l’homogénéisation des grands acteurs économiques sont particulièrement importantes, pour que les mêmes règles ne bénéficient pas à certaines entreprises tandis qu’elles nuisent à d’autres.

L’Europe doit également garantir la sécurité des citoyens et avancer dans le développement de l’Espace de Sécurité, de Liberté et de Justice. Dans ce domaine, il est bon de souligner l’engagement de l’Europe dans la lutte contre le terrorisme, que l’Espagne reconnaît et apprécie sincèrement.

Il est essentiel d’aller plus loin encore dans le développement de structures et de capacités, aussi bien civiles que militaires, pour que l’Europe puisse agir et construire son espace de sécurité. Trois éléments orienteront l’action espagnole dans ce domaine: promouvoir la création d’une politique commune de sécurité et de défense dotée des capacités nécessaires; préserver le lien transatlantique matérialisé par l’Alliance Atlantique, dont nous sommes un allié ferme et engagé, et développer la collaboration entre l’Union Européenne et l’OTAN. J’ajouterais volontiers l’engagement de maintenir les efforts en faveur des Forces Armées espagnoles pour garantir, bien entendu, notre défense mais aussi pour contribuer à la défense de l’Europe.

Cette Europe, nous la construisons tous ensemble, jour après jour, mais, pour ce qui est de l’Espagne, nous aurons la chance d’assumer de plus grandes responsabilités lors de notre Présidence, au premier semestre 2010. Au cours de cette Présidence, nous lancerons un ambitieux programme dont l’un des objectifs sera le développement des grandes lignes d’action que je viens d’exposer devant vous.

Mais notre politique européenne ne peut attendre, de même qu’elle ne s’arrêtera pas le 30 juin 2010. Nous voulons d’ores et déjà être avec ceux qui croient le plus en l’Europe et qui veulent faire avancer le projet d’une union politique, pour une Europe forte et souple, préservant la solidarité communautaire.
  • Relations transatlantiques
Mesdames et messieurs,

Les Etats-Unis sont la plus grande puissance militaire et économique, et même culturelle, et ils le resteront pendant encore des années. Pourtant, ils ont compris qu’il leur faut absolument des alliés, et une politique multilatérale. Cette tendance ne fera que s’accentuer dans un proche avenir, si l’on en juge par les déclarations des deux candidats à la Présidence, aussi bien Barack Obama que John McCain.

Nous, particulièrement nous, les Européens, devons contribuer à développer ce multilatéralisme efficace dans lequel Washington aura un rôle central – j’en suis persuadé -  aussi bien en ce qui concerne la lutte contre les causes et les conséquences du changement climatique qu’en matière de nouveau droit international.
Il faut développer les relations transatlantiques. Ce sera l’une des priorités de la Présidence espagnole de l’Union Européenne, en plus du développement de nos relations bilatérales, dans le respect mutuel et même, s’il le faut, avec nos différences d’appréciation. Nous avons trop de choses en commun pour pouvoir y renoncer: depuis les investissements et le commerce réciproque jusqu’à la langue espagnole, car les Etats-Unis sont en train de  devenir, très vite, le premier pays hispanophone. Ce doit être un objectif fondamental de notre action politique, économique et culturelle des prochaines années.
  • L’Afrique et l’Asie
Je veux citer particulièrement ces deux régions du monde qui ont désormais un caractère prioritaire et structurel si marqué qu’on peut les qualifier de nouveaux axes de la politique extérieure espagnole: l’Afrique et l’Asie.

Un proverbe africain des bords du fleuve Niger dit que "la rivière est grande mais elle a toujours besoin d’une goutte d’eau". L’effort solidaire international en faveur de l’Afrique est considérable, mais il n’est pas suffisant. La lutte pour la survie a, en Afrique, une résonance différente, mais la bataille pour la dignité de l’être humain est la même partout, et, aujourd’hui,  cette bataille se joue particulièrement en Afrique, avec l’Afrique.

Le meilleur exemple pour poursuivre cet effort, c’est la lutte des Africains eux-mêmes, de beaucoup de leurs Gouvernements et organisations. Nous ne devons pas regarder ce continent avec paternalisme car beaucoup d’initiatives sur lesquelles nous pouvons travailler sont issues de l‘Afrique elle-même, dans les milieux politiques, économiques et culturels, dans le développement, dans la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.

Notre engagement à l’égard de l’Afrique sera encore augmenté au cours de la présente législature, avec un nouveau Plan Afrique qui s’étalera sur quatre ans; avec une plus grande présence et du dialogue; avec l’ouverture de nouvelles ambassades et de nouveaux bureaux commerciaux, et une coopération à laquelle nous donnerons davantage de ressources. J’encouragerai personnellement ce travail. Au cours de la présente législature, je ferai au moins trois tournées en Afrique.

Nous     avons décidé de mener une politique non pas pour l’Afrique, non pas en direction de l’Afrique, mais avec l’Afrique. Je crois que les Africains nous perçoivent comme un pays qui les comprend, qui comprend les graves problèmes de leur continent: d’économie, de morts quotidiennes à cause de maladies telles que le paludisme ou le sida; d’absence d’approvisionnement, d’aliments, d’eau; de conflits, de dépenses d’armement; de mauvais gouvernement, et aussi, d’indifférence et de promesses non tenues par de nombreux acteurs de la Communauté internationale.

L’Afrique et les Africains méritent un autre sort, un autre destin, et je veux que la société espagnole  s’y implique davantage, y réfléchisse davantage, qu’elle voie l’Afrique avec solidarité, avec responsabilité et avec espoir.

Je concentrerai cet effort sur l’Afrique Occidentale; sans oublier la Guinée équatoriale; et le Sahel, où nous sommes préoccupés par les violations des droits de l’homme, par exemple au Darfour; et l’instabilité au Tchad; la présence d’Al Qaeda…, même s’il y a d’autres cas, comme le Mali, où la démocratie est en train de s’imposer face aux difficultés.

Il faut que ce soit un effort collectif. Aujourd’hui, la première urgence en Afrique, outre la fourniture d’aliments face à la crise où nous nous trouvons, c’est l’aide à l’agriculture. Des initiatives comme la "révolution verte", de Kofi Annan, sont, donc, particulièrement fortes. Mais il faut aussi travailler dans d’autres domaines. Je sais que de nombreux chefs d’entreprise espagnols ici présents partagent ma vision de choses, et en Afrique, il y aura de plus en plus de possibilités de bons investissements.

Tout aussi importante est la réflexion sur les politiques qui peuvent être menées au sein de l’Union européenne et dans le cadre de l’OMC  pour augmenter les possibilités d’exportation des pays africains.

Mesdames et messieurs,

En ce qui concerne le continent asiatique, je voudrais tout d’abord manifester notre solidarité avec les victimes du tremblement de terre du Sichuan, comme je l’ai déjà fait, au nom de tous les Espagnols, mercredi dernier, auprès du Premier Ministre Wen Jiabao.

Mais mon regard sur l’Asie est beaucoup plus vaste et beaucoup plus positif. Ce continent est un grand centre de gravité politique et économique. Si notre pays veut être véritablement global, s’il ne veut pas rater le train de l’économie internationale, il doit faire ses preuves en Asie, malgré son retard.

Nos priorités seront, non seulement les grandes économies telles que la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, Singapour, l’Indonésie ou les pays qui dépendent de la coopération internationale, comme le Vietnam, le Cambodge ou Timor, mais aussi les pays qui dépendent d’efforts politiques particuliers, comme l’Afghanistan ou le Pakistan. Et aussi les pays avec lesquels nous entretenons de rapports historiques, comme les Philippines, ou encore la région du Pacifique, où nous sommes en train de réaliser d’importants projets commerciaux et d’investissement avec deux pays de plus en plus proches: l’Australie et la Nouvelle Zélande.

Je me propose de réaliser trois voyages en Asie au cours de cette législature. Nous sommes en train d’élaborer un nouveau Plan Asie-Pacifique, plus d’ambitieux et plus présent, pour déployer notre présence en Asie et je serai à la tête de ce travail dans lequel tout le Gouvernement est d’ores et déjà impliqué. Je suis persuadé  que toute la société civile et les autres administrations espagnoles le seront également.
  • La Méditerranée et le monde arabe
La Méditerranée, c’est une grande partie de notre histoire et de notre présent; mais, surtout, une grande partie de notre avenir.

Nous devons remercier le Président Sarkozy d’avoir lancé le débat sur la nécessaire réforme du Processus de Barcelone. En 2010, nous fêterons le 15° anniversaire de la Conférence de Barcelone. Ce sera l’occasion de réfléchir en perspective. Nous devons profiter de cette occasion pour apporter des propositions ambitieuses.

Certains des grands défis internationaux, comme l’énergie, l’immigration ou le terrorisme, ont été et sont toujours présents dans cette région. Mais, simultanément, il s’agit d’une région d’avenir, avec des pays qui sentent que l’Europe fait partie de leur avenir.

Il y a quatre axes sur lesquels nous devons travailler en Méditerranée:
   
- En premier lieu, une proposition avec le Président Bouteflika, une proposition que nous soumettrons à nos partenaires du Processus de Barcelone et d’Union pour la Méditerranée afin de promouvoir un Charte euro-méditerranéenne de l’Energie et du Changement Climatique.
-    En deuxième lieu, le Président Moubarak, le Président Sarkozy et  moi-même allons proposer une initiative pour établir un cadre spécifique de coopération dans le domaine de la sécurité alimentaire.
-    En troisième lieu, un domaine que nous croyons logiquement prioritaire: celui de l’éducation. Les pourcentages d’analphabétisme de certains de nos partenaires du Sud atteignent 40%, et même 60% pour la population féminine. La froideur de ces chiffres reflète la tragédie d’un échec collectif. C’est pourquoi nous allons proposer, avec le Maroc, sous l’impulsion décisive du Roi Mohammed VI, une réforme dans le domaine socioculturel et éducatif au plan euro-méditerranéen, avec une attention toute particulière pour l’éducation et pour la femme, afin de permettre une réduction significative et plus rapide dans le cadre des Objectifs du Millénaire.
-    En quatrième lieu, je crois que le cadre budgétaire européen actuel pour la Méditerranée n’est pas à la hauteur des besoins et de l’ambition qui doit être la nôtre à l’égard de cette région. Aussi vais-je proposer de l’augmenter de façon significative et, pour cela, je suis en contact très étroit avec les Présidents Sarkozy et Socrates, avec le Premier Ministre Berlusconi et avec le Premier Ministre grec, M. Karamanlis, que j’irai rencontrer le mois prochain.

Ce travail sera renforcé par nos contacts très intenses avec les pays du Maghreb et du Moyen Orient, où je me rendrai pour resserrer nos liens, non seulement en matière bilatérale mais aussi pour contribuer, autant que l’Espagne peut le faire, à instaurer la paix dans cette région du monde et à construire un Etat palestinien qui vive en paix avec un Etat d’Israël en sécurité.
Le Maroc et l’Algérie méritent également une mention spéciale dans mon exposé. Je m’efforcerai de rapprocher leurs positions, d’entretenir nos bonnes relations et de contribuer à une solution pour la question du Sahara, comme je le ferai aussi avec la Tunisie, la Mauritanie et la Libye.
  • L’Amérique latine
Mesdames et messieurs,

Nous sommes à moitié américains. Je ne vous parlerai donc pas de voyages en Amérique latine car une partie de moi-même y est toujours. En revanche je peux vous dire que je m’y rendrai souvent car je veux voir l’ensemble de la région au cours de cette législature. Je serai particulièrement attentif aux Sommets ibéro-américains, où j’ai le privilège d’avoir à mes côtés le Roi d’Espagne, dont le rôle est fondamental dans ces Sommets.

L’Amérique latine est le continent du futur. Il suffit de voir la présence politique et la vigueur économique que la région a acquises au cours des dernières années. J’ai pleinement confiance dans le potentiel de l’Amérique latine et je suis d’autant plus fier que mon pays fasse partie de cet espace partagé depuis des siècles.

Précisément, au cours de cette législature, nous fêterons le bicentenaire des premières Déclarations d’indépendance latino-américaines. Voilà une excellente occasion de débattre ensemble de la période qui s’est achevée et de celle qui a commencé à ce moment-là. Et le Gouvernement espagnol veut en débattre avec tous les pays latino-américains. Notre principal défi,  notre véritable souhait est de transformer ces célébrations, fondamentalement nationales, en célébrations latino-américaines, où nous serions solidaires les uns des autres.

Lors de mes récents contacts avec des leaders latino-américains, j’ai vu l’intérêt des processus d’intégration sous-régionale et régionale, et la volonté affirmée de consolider les rapports avec l’Union Européenne. Ce rapprochement, la construction d’un vaste consensus euro-latino-américain pourrait tourner autour de trois axes: la cohésion sociale et l’investissement, en particulier dans l’énergie; la citoyenneté latino-américaine, en particulier en matière de migrations; et l’aboutissement des accords d’association entre l’Union européenne et l’Amérique centrale, la Région andine et le MERCOSUR. Le Gouvernement espagnol consacrera tous ses efforts à ce rapprochement entre l’Union européenne et l’Amérique latine, entre le continent de l’avenir, l’Amérique latine, et l’Europe, qui doit tenir sa place dans l’ouverture de nouveaux espaces de développement et de progrès.

Je peux déjà vous annoncer que, au mois d’octobre, je participerai à deux réunions dans ce sens: la première, avec les Présidents andins et le Commissaire européen au Commerce extérieur, Peter Mandelson, et la seconde avec les Présidents d’Amérique centrale.

Justement parce qu’il s’agit de l’Amérique latine, arrêtons nous un instant: je ne peux laisser de côté la culture, qui est un élément essentiel pour tout pays qui prétend compter où que ce soit.

L’évolution de la diplomatie et des relations internationales confirme que la langue et la culture sont, avec le Roi d’Espagne, nos meilleurs ambassadeurs au-delà de nos frontières, non seulement par l’importance des entreprises culturelles mais aussi par le poids de leur valeur symbolique. 500 millions de personnes pensent en espagnol. La plupart utilisent l’espagnol pour développer leurs activités. Notre langue commune continue d’être une langue pour se comprendre. L’espagnol est aujourd’hui la troisième langue internationale et la deuxième la plus étudiée.

Il est curieux de constater qu’un pays disposant d’une langue aussi répandue et d’une culture aussi attirante ne se soit pas encore doté d’une stratégie et d’instruments tels que ceux qu’on réunit désormais sous le nom de "diplomatie publique". Il me semble qu‘il y a là une question de la plus grande importance et c’est pourquoi j’entends inverser cette situation au cours de la législature. Le Gouvernement va créer une Commission de Diplomatie Publique, que je présiderai, qui intègrera des membres du Gouvernement, des représentants de la société civile, des moyens de communication, du monde de la culture et de l’entreprise, pour analyser chaque année notre présence dans tous les domaines et pour proposer nos prochaines lignes d’action dans ce domaine.

Droits de l’homme et peine de mort

Mesdames et messieurs,

Vous savez que, moi et mon Gouvernement, nous tenons à parler le langage des droits de l’homme en toutes circonstances et dans toutes les régions du monde; des droits civils, politiques, sociaux de tous les hommes et de toutes les femmes.

C’est pourquoi, le Gouvernement approuvera, comme l’a annoncé la Vice-présidente du Gouvernement devant le Congrès des Députés, un Plan national des Droits de l’homme, avec différents engagements internes et pour notre action extérieure.

L’un de ces engagements, immédiat, c’est la lutte contre la peine de mort.

En 2007, en Assemblée Générale des Nations Unies, une centaine de pays ont voté pour un moratoire universel sur l’application de la peine de mort. Je sais que cette question touche particulièrement M. Kofi Annan. C’est une question de la première urgence mais je crois qu’elle n’a pas été suffisamment entendue et qu’elle mérite qu’on y revienne et qu’on insiste.

Le Gouvernement espagnol a déjà pris position devant la Communauté internationale pour créer une Commission internationale chargée de faire en sorte que la peine de mort soit universellement abolie, en partant de deux mesures concrètes: d’abord, un moratoire effectif dès 2015 sur l’application de la peine de mort; ensuite, la décision, définitive et bien assise, que dans aucun pays du monde on ne puisse appliquer la peine de mort à des mineurs ou à des personnes ayant commis des délits alors qu’elles étaient mineures, et en élargissant cette interdiction aux handicapés mentaux.
J’invite ici la société civile, tous ceux qui ont déjà un rôle significatif dans la lutte contre la peine de mort, comme Amnesty International ou la Coalition mondiale contre la peine de mort, à contribuer à cet effort, que le Gouvernement espagnol entend mener auprès de tous les Gouvernements du monde.

Mesdames et messieurs,

Dans mon discours d’investiture, j’ai exprimé mon souhait d’établir un climat politique serein, en tout cas plus serein que celui de la précédente législature, un climat fondé sur le dialogue et le consensus. Parmi les questions prioritaires de ce consensus, j’ai placé notre politique extérieure et, tout particulièrement, notre Présidence de l’Union Européenne en 2010. La politique extérieure est une politique d’Etat et je voudrais, ici, répéter mon souhait d’aboutir à ce consensus qui nous rendra plus forts en tant que société et en tant que pays, et qui renforcera l’action internationale de l’Espagne et sa capacité à contribuer en faveur d’une société plus prospère et plus pacifique.

Au cours des trente dernières années,  l’Espagne a réussi, grâce aux efforts de ses citoyens, à devenir la 8° puissance économique du monde. Ce bond en avant nous a permis d’améliorer nos conditions de vie. Il doit aussi nous permettre de garantir notre présence effective dans le monde et d’augmenter nos possibilités d’influer sur la prise de décisions au sein de la Communauté internationale.

Nous devons être sur les théâtres traditionnels mais aussi sur les nouveaux.
Si nous pensons chaque jour davantage en l’Europe, nous devons aussi nous impliquer chaque jour davantage en Afrique, en Asie ou en Amérique latine.

Si chaque jour notre position se consolide parmi les premiers pays du monde, nous devons aussi nous engager davantage dans la lutte contre la pauvreté, dans la construction de la paix et dans l’accès à l’éducation et à la culture.

Si nous revendiquons chaque fois plus de liberté et de sécurité, nous devons également renforcer les institutions multilatérales et les instruments que nous mettons en œuvre pour garantir les droits de l’homme, promouvoir l’égalité des genres, diffuser les valeurs de justice et de solidarité de tout Etat de droit; ces valeurs qui fondent la société espagnole et qui, précisément, sont celles dont la Communauté internationale a besoin pour faire face aux graves problèmes de notre temps.
Voilà mon idée de l’Espagne et le projet d’action extérieure que nous entendons développer au cours de quatre prochaines années.

Je vous remercie.
 
 
© Fundación Real Instituto Elcano, Madrid, 2002-2013